SKI mécatronique : Les artisans du centième de seconde

La technologie entre en piste

L’innovation EVAPEM est un judicieux compromis entre la modélisation théorique issue des laboratoires de recherche et des compétences acquises le long des pistes. La mécatronique est mise à contribution pour mesurer puis modéliser la puissance de l'athlète. Jusqu’à récemment, l’entraînement des sportifs de haut niveau faisait une place très importante à l’expérience pratique. Pourtant, le gain des derniers précieux centièmes de seconde qui font gagner, nécessite de bien comprendre les qualités et les défauts de l’athlète afin de personnaliser son entraînement.

Très concrètement, l’athlète va être mis dans des conditions lui permettant d’optimiser la posture dite du « squat ». Mario Cordoano explique simplement le principe : « Une résistance est appliquée sur les épaules du sportif grâce à un bras de levier. Le sportif soulevant un poids important aura une vitesse de déplacement lente. A l’inverse, celle-ci sera d’autant plus élevée que le poids soulevé sera faible». C’est le principe « modernisé » de l’haltérophilie. Mais l’objectif est tout autre ! Il est possible de calculer, à tout instant, la puissance musculaire en mesurant la force et la vitesse de déplacement de la barre. Cette collecte de données in situ,qui permet de modéliser la performance sportive, est la vraie valeur ajoutée de la société.

Comme l’explique Laurence Bernard « les relations force – vitesse se traduisent par des courbes de puissance en forme d’arche qui sont caractéristiques des qualités du sportif. Un descendeur aura son maximum de puissance sur la partie gauche de l’arche (force brute), un slalomeur plutôt sur la droite (force explosive). A partir de ces courbes, les programmes de travail en musculation seront optimisés. »

L’énergie de la gagne

La Fédération Française de Ski a saisi tout l’intérêt de cette démarche et l’équipe de France prend régulièrement le chemin des locaux de la start-up. Pour les créateurs, l’objectif est maintenant de mettre cette méthode à disposition d’autres sports. A cet effet, tout l’appareillage a été rendu mobile afin de se rendre directement auprès des clubs : un challenge pas uniquement sportif ! Preuve de sérieux, l’innovation a été nominée dans le cadre des meilleurs projets recherche-entreprise 2003 et a reçu le prix des espoirs de l’économie.

Alors si demain les skieurs français continuent de monter sur les podiums, pensez que Laurence et Mario, y sont un peu pour quelque chose !

Date : 20/12/2003