Lutte contre l’épidémie de Covid-19 : la mécatronique déployée dans la bataille mondiale

Pour lutter contre le coronavirus, la Chine a fait appel à la technologie pour tenter d’endiguer son expansion : robots pulvérisateurs de désinfectants, drones de surveillance du respect des consignes de confinement à Wuhan, etc.

Aujourd’hui, alors que la maladie s’étend sur tous les continents, la technologie est sollicitée partout dans le monde. Nous avons brossé un panorama des dispositifs mis en œuvre pour seconder les humains face à l’épidémie de Covid-19.

Des drones pour prévenir, surveiller et livrer

En février, les lecteurs pouvaient visualiser des vidéos venues de Chine montrant des drones surveillant les populations confinées du Hubei, réprimant ceux qui ne respectaient pas les consignes ou diffusant des informations sur la situation sanitaire.

Cette technologie est désormais utilisée en Espagne, mais également en France, notamment à Nice où un aéronef sans pilote parcourt les grandes avenues de la ville afin de diffuser des consignes de sécurité préenregistrées, selon Nice Matin.

Les drones sont également utilisés dans la logistique : en Chine, ils sont mobilisés pour transporter des médicaments et des échantillons entre un hôpital et un centre de test de la ville de Xinchang. 

En Chine, robots, 5G et IoT pour détecter

La Chine utilise également des robots de patrouille 5G, développés par Guangzhou Gosuncn Robot (produits et de services IoT pour les villes connectées), basés sur la technologie Advantech pour surveiller le port de masque et la température corporelle dans les lieux publics. Ces robots équipés de 5 caméras haute résolution et de thermomètres infrarouges sont capables de mesurer la température de 10 personnes simultanément dans un rayon de 5 mètres. Si une température anormalement élevée ou une absence de masque est détectée, le robot envoie une alerte aux autorités compétentes. Ces robots se déplacent de manière autonome mais peuvent également être contrôlés à distance. Ils intègrent les technologies d’IoT, d’IA, de Cloud et big-data.

Des drones et des robots pour décontaminer

Des drones et des robots sont utilisés pour la décontamination des zones infectées. Dès février, la Chine a par exemple détourné de leur fonction des drones et des robots de pulvérisation agricole pour pulvériser des produits antimicrobiens. Fin février, près de 2600 drones agricoles avaient ainsi été mobilisés dans des opérations de désinfection dans toutes les provinces du pays.

En France, la start-up Shark Robotics, basée à La Rochelle, a annoncé un prototype du robot Rhyno, capable de pulvériser jusqu’à 20 000 mètres carrés en 3 heures grâce à une radiocommande. Il est monté sur chenilles et pèse 220 kg. 

Pour les zones confinées telles que les hôpitaux, une option épuration de l’air est proposée pour assainir l’air ambiant et tuer jusqu’à 99,99% des micro-organismes pathogènes en suspension grâce à une lampe UVC. Le robot fonctionne grâce à un système de micro-pulvérisations pour une pulvérisation à 360°. Multi-usage, il peut également transporter du matériel médical, des vivres ou de l’eau grâce à sa panière de rangement et aussi transporter des personnes affaiblies grâce à un porte-brancard. Ces options sont interchangeables en moins de 30 secondes par un opérateur.

Shark Robotics est une PME spécialisée dans la robotique terrestre et l’un des leaders sur le marché européen dans son domaine. Créée en 2016, elle conçoit et fabrique des robots haut de gamme, dont l’un des modèles a notamment servi à aider les pompiers lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris l’an dernier, Colossus. De celui-ci a été conceptualisé Rhyno Protect.

L’entreprise « attend le feu vert » des autorités pour produire plusieurs robots ; en deux mois, elle aura la capacité de créer une centaine de robots.

Au Danemark, Blue Ocean Robotics propose un robot qui ne pulvérise pas de produits chimiques mais fait appel au rayonnement ultraviolet pour désinfecter des salles, l'afflux d'énergie détruisant les micro-organismes pathogènes. Ce robot, développé en 2019, est déjà utilisé pour lutter contre la transmission de maladies nosocomiales. Selon IEEE spectrum, des robots de Blue Ocean Robotics ont été expédiés en Chine pour équiper à terme environ 2000 hôpitaux.

Des robots dans les hôpitaux au plus près des malades

En Thaïlande, des robots développés par l’université de Chulalongkorn à Bangkok pour prendre en charge des malades ayant subi un accident vasculaire cérébral sont désormais mobilisés dans la lutte contre la pandémie. Déambulant au sein des couloirs de plusieurs hôpitaux, ils peuvent surveiller la température des patients et l’évolution de leurs symptômes, faciliter la visioconférence entre les malades et le personnel hospitalier et même bientôt désinfecter les chambres.

A Séoul, des robots prennent la température des patients et transportent des objets entre les salles. 

En France, Soft Banks Robotics a proposé de mettre des robots humanoïdes qu’il a en stock à disposition des hôpitaux « pour gérer une partie de l'accueil, aiguiller, apprendre les gestes barrières et aider à mettre le personnel un peu plus à distance des personnes qui font la queue », expose Nicolas Halftermeyer, directeur de la communication.

Date : 30/04/2020