La robotique repousse les limites de la chirurgie en lui offrant plus de précision.

L’actualité de la première quinzaine de novembre a été marquée par la révélation de deux premières pour la robotique médicale : la première opération neurovasculaire au monde assistée par un robot réalisée à Toronto au Canada et l’intervention pour la première fois en Europe d’un robot assistant lors d’une opération cardiaque, à Toulouse en France.

Au Canada, le Dr Vitor Mendes Pereira, neurochirurgien et neuroradiologue du Krembil Brain Institute a utilisé un bras robotisé pour faire une intervention chirurgicale dans le cerveau d'une femme. 

Il s'agit de la toute première chirurgie neurovasculaire au monde à être réalisée sur un être humain à l’aide de la robotique. Elle a duré moins de trois heures.
Le système robotique contrôle les cathéters, les fils et les dispositifs utilisés lors des interventions chirurgicales. L'opérateur a le contrôle à 100 %, mais c'est le robot qui exécute les mouvements, avec une meilleure précision.
Les images radiologiques permettent de voir les manipulations submillimétriques en temps réel pendant l'opération chirurgicale. « C'est un moment historique pour l'avenir de la médecine, a déclaré le Dr Pereira, ajoutant : cette machine peut faire avec plus de minutie ce que nous faisons à quatre mains ».
Le neurochirurgien a mis au point cet outil pendant deux ans avec la compagnie Corindus Vascular Robotics, une filiale du géant allemand Siemens. Ce bras robotisé a coûté 1,2 million de dollars.
Cette technologie a déjà été utilisée pour d’autres types d’interventions médicales notamment cardiaques, mais elle n’a jamais été utilisée auparavant pour des interventions neuro-endovasculaires.

A Toulouse, la clinique Pasteur de Toulouse est devenue en mars dernier le premier site en Europe à avoir réalisé une angioplastie coronaire sous assistance robotique.

Jean Fajadet, le premier chirurgien qui a opéré, estime que « le robot représente l’avenir pour les interventions sur les coronaires. Il apporte plus de sécurité pour le patient: le geste est précis –on peut mesurer les lésions au millimètre— et ne dépend pas de la fatigue ou de la concentration de l’opérateur».

Une angioplastie coronaire consiste à introduire un petit ballonnet gonflable dans une artère rétrécie par une plaque d’athérome puis, dans la plupart des cas, d’y placer un stent, petit dispositif ayant la forme d’un tube, afin que l’artère ne se rebouche plus.

Bien que la première opération ait été effectuée à l’aide d’un robot américain, la clinique Pasteur travaille aujourd’hui avec la start-up française Robocath, établie à Rouen, qui lui a fourni un robot de cardiologie interventionnelle, baptisé R-One. La première angioplastie coronaire avec ce robot français a été menée à bien en septembre dernier, rapporte le quotidien régional La Dépêche.

Date : 21/11/2019