La mécatronique investit le marché de l’art

Connaissez-vous Ai-da ? Si ce n’est pas le cas, vous n’allez pas tarder à en entendre parler partout. Ai-da est « la première artiste robot humanoïde ultra réaliste au monde » et expose ses premiers travaux jusqu’au 6 juillet dans les galeries de l’université d’Oxford au Royaume-Uni. Avant même d’être exposés, ses peintures, dessins et sculptures se sont arrachés à prix d’or, rapportant ainsi à son propriétaire, près de 1,2 million de dollars. 
Le nom de l’humanoïde à l’allure ultra réaliste est une référence à la pionnière de l'informatique britannique Ada Lovelace. Ai-da a été pensée par Aidan Meller, un galeriste qui a supervisé toute la conception de la créature mécatronique avec l’aide des ingénieurs de l’université de Leeds chargés de mettre au point les bras articulés de la machine. Le cerveau électronique et les programmes d’intelligence artificielle ont été développés par son créateur et les étudiants roboticiens d’Oxford. Son apparence humaine a été peaufinée par l'entreprise Engineered Arts.
L’artiste robotique est dotée de caméras qui sont logées dans ses yeux et d’un système de synthèse vocal lui permettant de converser avec son entourage. Aussitôt conçue, elle a généré ses premières œuvres, soit depuis février 2019, huit dessins, vingt peintures, quatre sculptures et deux vidéos. Pas mal pour une débutante à la palette technique encore limitée. Pour l’instant, Ai-da fait de la peinture et du dessin et à besoin de ses assistants humains qui travailleront, mais selon ses indications, la matière brute des sculptures qu’elle a imaginées.

Face au million de dollars que les « œuvres » d’Ai-da ont déjà généré, critiques et interrogations fusent : qui touche les droits d’auteur ? L’androïde ? Son propriétaire ou les roboticiens qui ont conçu le système ? Quelle est la véritable valeur marchande ou artistique d’œuvres générées par une machine ? « Nous voulions explorer les usages et les abus de l’IA aujourd’hui, parce que nous sommes préoccupés par les questions éthiques qu’elle pose », affirme son concepteur.

Date : 02/07/2019